Le Chef-d’œuvre inconnu, Honoré de Balzac

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Publié en 1831, Le Chef-d’œuvre inconnu est une nouvelle pour laquelle Balzac s’est inspiré de Hoffmann, à l’époque très célèbre pour ses contes fantastiques. L’histoire prend place au XVIIème siècle, et fait renaître Nicolas Poussin et Franz Porbus afin de tisser une intrigue avec Frenhofer, maître d’art fictif. Ce dernier possède une grande connaissance de l’art qui en fait une source d’inspiration et d’admiration inépuisable pour Porbus et Poussin. Son aura est renforcée par ce mystérieux tableau sur lequel il travaillerait depuis plus de vingt ans et qui serait, selon lui, un chef-d’œuvre ; une femme peinte avec tant de talent qu’elle en paraîtrait vivante. Tellement vivante que Frenhofer semble vivre une véritable idylle avec cette femme de peinture qu’il a baptisée Catherine… Mais rongé par son perfectionnisme, Frenhofer refuse de laisser voir son œuvre. Il ne cesse de lui apporter d’infimes retouches, depuis des années, afin d’atteindre la perfection.

La lecture de cette nouvelle m’a ravie par les grands discours de Frenhofer sur l’histoire de l’art. Deux conceptions s’opposent, celle de l’art académique où l’artiste est au service de rois qui lui passent commande, et celle, plus novatrice, d’un romantisme qui ferait de l’artiste un être à part, inspiré par des éléments divins. Pour Frenhofer, l’artiste ne doit pas se contenter d’être un simple copiste, sinon, il suffirait au sculpteur de mouler directement le plâtre sur son modèle. Or, ce n’est pas le cas : le sculpteur, et l’artiste en général, doit insuffler lui-même la vie dans son œuvre. Cela exige de prêter une attention particulière à la beauté, de savoir en saisir l’essence pour la retranscrire. C’est une tâche très délicate et c’est, selon Frenhofer, ce qui distingue un simple bon peintre d’un excellent peintre.

J’ai pris énormément de plaisir à découvrir cette nouvelle. Je suis à chaque fois très touchée quand je lis du Balzac, car je trouve son écriture emplie de beauté. On y sent le travail qu’il a mené pour que ses phrases soient toujours si fluides, si riches et si justes. Chaque mot est à sa place et émerveille. Quand je passe d’un auteur contemporain à Balzac, je suis toujours subjuguée par cette beauté qu’on ne retrouve pas dans les livres d’aujourd’hui. De plus, je trouve que cette nouvelle amène à une réflexion intéressante sur le perfectionnisme et la notion d’idéal.

A noter que dans l’édition Le Livre de Poche que je possède, Le Chef-d’oeuvre inconnu est suivi de La leçon de violon d’Hoffmann, qui est la nouvelle dont Balzac s’est certainement inspiré pour rédiger la sienne. Le parallèle est intéressant, et la préface offre des pistes de comparaison entre les deux œuvres, en plus de nous éclairer sur le contexte.

Je conseille ce petit ouvrage à tous les amoureux de l’art, ou bien tout simplement à ceux qui souhaitent découvrir Balzac, car il s’agit d’une courte nouvelle très simple à lire.

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2 commentaires sur “Le Chef-d’œuvre inconnu, Honoré de Balzac

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